Thibaut DERIEN, Angèle et le nouveau monde

15 janvier 2018 - 686 vues

Suite à une carrière dans la musique avec le groupe Derien, Thibaut Derien revient à sa première passion, la photographie. Il présentait le vendredi 8 décembre une nouvelle exposition photo au sujet aussi bien personnel qu’universel. 

Exposée dans la nouvelle galerie Vidi Vixi rue Popincourt, la série Angèle et le nouveau monde reprend les thèmes chers à ses précédentes oeuvres photographiques telles que l’urbanité et la ruralité. Avec J’habite une ville fantôme (2014) - que vous pouvez retrouver sur place - on perçoit un attrait pour les lieux de passage auxquels on ne fait plus attention. Les façades des magasins abandonnés sont tombées en désuétude : les devantures en bois et carrelage, les couleurs délavées, les enseignes faisant référence à des métiers presque oubliés (coutellerie, bonneterie, triperie) ; toutes ces vitrines sont datées, instillant de la mélancolie dans ses paysages de campagnes. 

Thibaut Derien, Bazar du Morvan (2012)

 Capturer un état éphémère et donc sujet à évolution, c’est le sujet d’Angèle et le nouveau monde, série née un jour à l’aéroport de Montréal. Face à la grandeur du lieu aseptisé, Thibaut Derien photographie sa fille qui est "ahurie dans ce grand hall démesuré". Les voyages en Amérique du Nord et Europe s’enchaînant pour le duo père-fille, les photos deviennent l’occasion de conserver un récit. 

Au départ âgée de quatre ans, Angèle devient le personnage principal jusqu’à ses sept ans, le temps de la voir grandir jusqu’à l’âge de raison qui consolide sa pose : elle se met en scène avec un "air grave" les mains derrière le dos. Au fil du temps, Angèle occupe de plus en plus l’espace en se détournant de l’appareil, elle joue avec son environnement et s’acclimate à l’objectif.

Thibaut Derien, Aéroport Trudeau-Montréal (2014)

 

Thibaut Derien, Veules-les-roses (2017)

Alors qu’initialement, la fille de Thibaut Derien est le thème de cette série, l’engouement que suscitent les publications de ses photos sur Facebook traduit l’universalité du motif. Il reçoit des messages de beaucoup de femmes à qui "cela rappelle leurs enfances” et de pères touchés par la démarche. Le photographe décide de mettre de la distance par rapport à son sujet oscillant dès lors entre gros plans et vues de dos. Il fait de sa fille un motif universel, une muse.

Thibaut Derien, Klampemborg (2016)

 

Thibaut Derien, Supermarché (2016)

La ville et la campagne sont centrales dans l’imagerie du photographe, mais il est davantage question de la présence et de l’absence de l’humain dans ces espaces. Avec cette nouvelle série, que vous pouvez retrouver en livret, Thibaut Derien montre le caractère furtif de l’enfance et de son exploration du monde. Angèle cristallise cette innocence happée par la démesure des buildings et l’étendue des paysages. 

 

Pour aller plus loin :

Le site Thibaut Derien

Le livret réalisé grâce au crowfunding sur Ulule

La galerie Vidi Vixi : 7 rue Popincourt 75011, Paris.

Marie-Benjamine Barbaux

EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer

Commentaires(0)

Connectez-vous pour commenter cet article